Qu’est ce que le Sommeil ?

Par Recherche du Bien Etre.
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Le sommeil s’oppose à l’éveil. Il fait intervenir différents mécanismes cérébraux.

Le sommeil joue un rôle essentiel sur le bon fonctionnement de notre organisme. Pourtant l’étude du sommeil est une science toute nouvelle, mais nous savons déjà qu’un bon sommeil est très couramment un gage de bonne santé.

Il nous permet de grandir grâce à la sécrétion des hormones de croissance mais aussi de stimuler les défenses immunitaires, de régénérer les tissus, de récupérer physiquement et psychiquement…

Le sommeil ne permet pas seulement de reprendre des forces, il est indispensable au développement cérébral ou encore pour assurer certaines fonctions métaboliques. Limiter son temps de sommeil expose à des risques concernant la vigilance, l’apprentissage, le surpoids, etc. Les troubles du sommeil sont quant à eux à l’origine de pathologies touchant diverses spécialités médicales telles que la pneumologie, la neurologie, l’ORL, la psychiatrie, la pédiatrie… La recherche sur le sommeil mérite donc toute l’attention de la communauté scientifique.

Cycle de sommeil

Un cycle de sommeil représente la base de notre sommeil : c’est une période de sommeil composée de différents types de sommeil, organisée de manière identique et qui regroupe toujours les mêmes phases de sommeil selon la même chronologie : sommeil lent et sommeil rapide ou paradoxal.

Un cycle de sommeil dure en moyenne entre 90 et 100 minutes. Cette durée est très variable d’un individu à un autre et reste identique chez un même individu.

La variabilité d’un cycle de sommeil est tout à fait relative car cette durée reste toujours autour de 90 minutes.

Le nombre de cycles de sommeil est variable en fonction de la longueur du sommeil et en fonction de critères propres à chaque individu : le nombre de cycles est habituellement compris entre 4 à 7 par nuit.

Organisation du sommeil

Le sommeil est organisé selon des cycles qui comprennent deux types de sommeil différents en fonction de l’activité cérébrale qui les accompagne :

  • le sommeil lent pendant lequel l’activité cérébrale est lente
  • le sommeil rapide pendant lequel l’activité cérébrale est rapide et qui se nomme aussi le sommeil paradoxal

Le sommeil lent est lui-même divisé en quatre stades de profondeur croissante de sommeil

Le sommeil lent

Le sommeil lent est prépondérant dans la première partie de la nuit.

Le sommeil lent comprend 4 stades :

  • le stade 1 qui est l’entrée dans le sommeil et qui s’observe principalement en début de nuit,
  • le stade 2 constitue avec le stade 1 le sommeil lent léger. Dans ces deux stades il persiste une activité musculaire.
  • les stades 3 et 4 constituent le sommeil lent profond.

Le sommeil paradoxal

C’est le stade 5 du cycle du sommeil. Le sommeil paradoxal est prépondérant dans la seconde partie de la nuit.

Il existe des mouvements oculaires rapides et l’absence de contraction musculaire durant cette phase. Lorsque vous êtes capables de raconter vos rêves, c’est la plupart du temps que vous avez été réveillé durant cette phase.

L’activité cérébrale enregistrée durant cette phase de sommeil est rapide

  • le stade 1 : 5 % du temps de sommeil,
  • le stade 2 : 50 % du temps de sommeil,
  • le stade 3 et 4 : 25 % du temps de sommeil,
  • le stade 5 ou paradoxal : 20 % du temps de sommeil.

Alternance Jour / Nuit

Dormir la nuit et veiller le jour est possible grâce à une horloge biologique interne modulée par des facteurs environnementaux. Cette horloge interne, déterminée par l’activité génétiquement programmée de cellules de l’hypothalamus du cerveau, a spontanément une période légèrement supérieure à 24 heures, indépendamment de l’environnement. L’horloge interne régule notamment la température corporelle qui, en s’abaissant, entraîne une baisse de vigilance. Elle est au minimum vers 3-4 heures du matin et au maximum entre 16 et 19 heures.

Deux mécanismes sont capables de détecter les variations de la lumière et les rythmes de la vie sociale pour resynchroniser cette horloge si nécessaire.

Parmi ces deux mécanismes, la mélatonine permet d’avancer ou retarder l’endormissement pour s’adapter aux changements saisonniers de luminosité. La rétine contient en effet des cellules sensibles au degré de luminosité qui transmettent l’information au noyau suprachiasmatique situé à la base de l’hypothalamus. Ce dernier relaie l’information jusqu’à une petite glande, l’épiphyse ou glande pinéale, qui secrète la mélatonine. Dès que la lumière baisse, la libération de l’hormone augmente. Inversement, une lumière forte le soir retardera l’endormissement.

L’activité sociale sert également de synchroniseur des phases sommeil / réveil via d’autres mécanismes. L’horloge biologique est par exemple retardée par des jeux informatiques le soir ou des sorties tardives très fréquentes.

 

En parallèle de cette horloge biologique, plusieurs mécanismes régulent le temps de veille et de sommeil. Tout d’abord, il existe au moins cinq systèmes d’éveil qui interagissent entre eux. Leur mise en veille permettrait l’endormissement. A cela, s’ajouterait un effet « seuil » de l’adénosine, produit du métabolisme neuronal, qui induirait le sommeil lorsque l’éveil est trop prolongé. Pendant l’éveil, cette substance s’accumule dans le cerveau jusqu’à un certain seuil qui finit par inhiber l’activité cérébrale et déclencher le sommeil. L’adénosine est ensuite éliminée pendant le sommeil et un seuil bas provoque le réveil. A noter, le café ou le thé bloquent les récepteurs à l’adénosine et maintiennent donc éveillé.

Pendant la nuit, les systèmes de neurones qui maintiennent l’éveil seraient inactivés pour permettre le sommeil. Ils utilisent plusieurs neurotransmetteurs, notamment la sérotonine et la dopamine, la noradrénaline, cibles d’action des amphétamines et enfin l’histamine et l’orexine au niveau de l’hypothalamus. L’histamine est devenue à ce titre une cible thérapeutique récente pour lutter contre la narcolepsie.

Près de 10 % d’insomniaques

Selon une enquête menée en 2009 par l’Institut du sommeil et de la vigilance, les jeunes adultes de 25 à 35 ans dorment 7 à 8 heures par jour ; le temps de sommeil est inférieur à 6h – 7h entre 35 et 55 ans. Près de 30 % des Français dorment moins de 7 heures par nuit.

Environ 20 à 30 % de la population se plaint de troubles du sommeil dont 15-20 % d’insomnie modérée et 9-10 % d’insomnie sévère. La somnolence diurne excessive affecte près de 8 % de la population, avec des conséquences directes sur la santé publique. Un décès sur trois sur la route est lié à un endormissement au volant.

En outre, il existe plusieurs troubles moteurs ou respiratoires liés au sommeil qui entraînent des comorbidités et une somnolence excessive ; 5 à 7 % de la population générale souffre d’apnées du sommeil (15% après 70 ans) et 8,4 % présente un syndrome des jambes sans repos dont 2 % de formes sévères et très sévères.

Source : Rapport sur le sommeil, décembre 2006. Ministère de la Santé et des solidarités.



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